Antananarivo, 23 mai 2026.
Moins de deux ans après leur arrivée au pouvoir en 2024, le duo formé par Ousmane Sonko et Bassirou Diomaye Faye se retrouve au cœur d’une crise politique majeure. Ce tandem inédit, mêlant mentor et protégé à la tête de l’exécutif sénégalais – une première en Afrique subsaharienne francophone – semblait encore solide il y a quelques mois. Mais la nuit du 22 mai 2026 a marqué son implosion.
Tout bascule vendredi 22 mai, peu avant 22 heures, lorsqu’une brève allocution est diffusée par la Radiotélévision sénégalaise (RTS) depuis le Palais de la République de Dakar. Comme le relaie RFI, le secrétaire général de la présidence, Oumar Samba Ba, annonce la mise à pied du Premier ministre Ousmane Sonko, ainsi que la fin des fonctions de tous les membres du gouvernement.
« Par décret n°2026‑1128 du 22 mai 2026, le président de la République, Bassirou Diomaye Faye, a mis fin aux fonctions d’Ousmane Sonko, Premier ministre, et, par conséquent, à celles des ministres et secrétaires d’État, membres du gouvernement. Les membres du gouvernement sortant sont chargés d’expédier les affaires courantes », déclare‑t‑il officiellement.
Moins de deux heures plus tard, Ousmane Sonko réagit sur Facebook : « Ce soir, je dormirai le cœur léger ». Un message lapidaire mais chargé de sous‑textes, salué par certains de ses partisans comme un acte de libération, et interprété par d’autres comme un aveu de rupture définitive avec le palais présidentiel.
Cette décision s’inscrit dans une dynamique de tensions croissantes entre Bassirou Diomaye Faye et Ousmane Sonko. Au fil des mois, leurs divergences politiques se sont affichées de plus en plus ouvertement, jusqu’à transformer une alliance stratégique en rivalité de pouvoir. Il y a quelques semaines, le président avait déjà laissé entendre publiquement qu’il pourrait « mettre fin aux fonctions de son Premier ministre dès lors qu’il n’aurait plus confiance en lui ». La phrase est désormais passée de l’annonce à l’acte.
Au‑delà de la personnalisation de la crise, cette purge du gouvernement pose la question de l’avenir de l’exécutif sénégalais. Les prochaines échéances politiques ne sont prévues qu’en 2027 pour les élections locales et en 2029 pour la présidentielle. Entre‑temps, la stabilité du pouvoir repose désormais sur un équilibre encore à définir, dans un contexte où la rupture entre le mentor et le protégé ouvre une nouvelle page de la vie politique sénégalaise.
Photo: Jeune Afrique



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