Tulsi Gabbard, qui dirigeait l’ensemble des agences du renseignement américain, a annoncé sa démission, effective le 30 juin, invoquant des raisons familiales. Âgée de 45 ans, la femme d’État a expliqué qu’elle devait « se retirer du service public » pour accompagner son mari, atteint d’une « forme extrêmement rare de cancer des os ».
« Je suis profondément reconnaissante de la confiance que le président [Donald] Trump m’a accordée », a déclaré Tulsi Gabbard, saluant le soutien reçu pendant son mandat. Sur Truth Social, Donald Trump a rendu hommage à son travail, estimant que « Tulsi a fait un travail incroyable et elle nous manquera ». Le président a annoncé que son adjoint, Aaron Lukas, prendra la direction du renseignement national par intérim.
Un parcours controversé
La nomination de Tulsi Gabbard, ancienne élue démocrate devenue critique de son ancien parti, avait suscité de vives réactions. En 2022, elle avait quitté le Parti démocrate, le qualifiant de « clique élitiste de va-t-en-guerre wokes ». Son parcours politique, marqué par un positionnement indépendant et parfois controversé, a alimenté les critiques : prises de position jugées pro-russes, rencontre en 2017 avec le dirigeant syrien Bachar al-Assad, et soutien passé au lanceur d’alerte Edward Snowden.
Ancienne militaire ayant servi en Irak, Tulsi Gabbard a souvent mis en avant son expérience de terrain. Mais ces derniers mois, les médias américains relayaient des rumeurs sur un possible départ, pointant un positionnement parfois en porte-à-faux avec l’administration. En mars, lors d’une audition parlementaire, elle avait notamment refusé de confirmer la ligne officielle de la Maison Blanche sur la « menace imminente » que représenterait l’Iran, sur la base de son programme nucléaire et de ses actions au Moyen-Orient.
Quatrième départ en trois mois
La démission de Tulsi Gabbard s’inscrit dans une série de départs féminins au sein de l’administration Trump : elle devient la quatrième femme à quitter le gouvernement en l’espace de trois mois, après Pam Bondi (ministre de la Justice), Kristi Noem (ministre de la Sécurité intérieure) et Lori Chavez-De-Remer (ministre du Travail).
Le remplacement par Aaron Lukas à la tête par intérim du renseignement national ouvre désormais une période d’incertitude sur l’orientation future des agences de renseignement, alors que la Maison Blanche devra choisir un titulaire permanent pour occuper ce poste clé.
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