
L’échéance se précise pour la modernisation du transport routier de voyageurs dans la périphérie d’Antananarivo. La nouvelle gare routière d’Amoronakona s’apprête à entrer en service avant la célébration de la fête nationale le 26 juin prochain. Destinée à fluidifier le trafic et à offrir un espace moderne aux usagers, l’ouverture de cette infrastructure d’envergure met fin à des années d’abandon politique, alors que la saturation de la gare de Fasan’ny Karana a atteint un niveau critique.
Antananarivo – 12 juin 2026
Les préparatifs s’accélèrent à Amoronakona. À l’approche de la date d’ouverture officielle prévue avant le 26 juin, l’engouement des opérateurs de transport est déjà palpable. En effet, pas moins de 80 coopératives desservant les routes nationales 7 (RN7) et 2 (RN2) ont d’ores et déjà manifesté leur ferme volonté d’intégrer et d’exploiter cette nouvelle infrastructure.
Un projet né sous Hery Rajaonarimampianina pour désengorger Fasan’ny Karana
Pour comprendre l’importance de cette ouverture, il faut rappeler que la construction de la gare routière d’Amoronakona remonte à la présidence de Hery Rajaonarimampianina. Conçu à l’origine pour assainir la capitale et répondre à des impératifs de sécurité publique urgents, ce projet devait pallier la saturation totale, voire extrême, de la gare routière de Fasan’ny Karana. Devenue un goulot d’étranglement urbain, cette dernière ne parvenait plus à absorber le flux de voyageurs et de véhicules, générant insécurité et anarchie.
Cependant, malgré l’urgence de la situation, l’infrastructure d’Amoronakona est restée l’ombre d’elle-même pendant plusieurs années. De nombreux observateurs et critiques pointent du doigt les choix politiques du régime de Andry Rajoelina. Par pur calcul populiste et électoraliste, consistant à ménager certaines corporations de transporteurs réticentes au déménagement et à ne pas valoriser les réalisations du régime précédent, le pouvoir en place a délibérément laissé cette infrastructure moderne à l’abandon, privant ainsi les usagers d’un service public de qualité.
Une gestion concertée et professionnelle
Aujourd’hui, la réalité économique et l’asphyxie d’Antananarivo semblent avoir forcé la main des autorités. Afin de garantir le bon fonctionnement de la gare et d’assurer une transition fluide pour les transporteurs, une structure d’organisation a vu le jour. Le « Collectif des Présidents de Coopératives de Transport Routier de Voyageurs » d’Amoronakona a été officiellement mis en place. Ce groupement travaillera en étroite collaboration avec les autorités et le futur gestionnaire pour orchestrer l’exploitation quotidienne du site.
L’identité de la société privée ou de l’entité qui sera officiellement chargée de la gestion et de la maintenance de la gare routière est d’ailleurs dévoilée ce vendredi 12 juin 2026.
Un réseau de connexion multimodal en test
L’un des défis majeurs de la délocalisation des gares routières en dehors du centre-ville réside dans l’accessibilité pour les voyageurs. Pour y répondre, un plan de transport urbain connecté a été élaboré. En plus de la liaison par le train urbain qui reliera directement la gare de Soarano à celle d’Amoronakona, de nouvelles lignes de bus urbains ont été créées et réorganisées pour desservir plusieurs points stratégiques de la capitale depuis la nouvelle gare.
Pour tester l’efficacité de ce réseau connecté et procéder aux derniers ajustements techniques, des phases d’essais à blanc sur ces différentes lignes urbaines ont débuté ce jeudi 11 juin 2026. L’ouverture d’Amoronakona, bien que tardive, marque ainsi un tournant important dans la réorganisation globale des transports de la zone métropolitaine d’Antananarivo.



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