
Le Groupement des Entreprises de Madagascar (GEM) vient de frapper un grand coup dans le paysage économique et politique malgache. À travers un communiqué officiel publié ce mercredi, l’organisation patronale multisectorielle a annoncé la suspension immédiate de sa participation à toutes les instances de dialogue public-privé. Une décision radicale qui fait suite à l’absence de réponse des autorités face à ce qu’elle qualifie de traitement disproportionné envers ses membres.
Antananarivo – 24 juin 2026
L’affaire « CNaPS-SMGD » au cœur du conflit
Le point de discorde principal repose sur l’affaire dite « CNaPS-SMGD ». Selon le communiqué, cinq Administrateurs représentant le GEM au sein du Conseil d’Administration de la CNaPS font l’objet, depuis plusieurs mois, d’un traitement judiciaire et médiatique disproportionné.
Le patronat souligne une profonde injustice car, sur les vingt-quatre membres que compte le Conseil d’Administration, seuls les cinq représentants du GEM sont visés. Le groupement dénonce avec vigueur le fait que ses représentants soient les seuls sanctionnés pour une infraction qu’ils n’ont pas commise, et pour des faits qui ne leur sont absolument pas imputables.
Un silence radio de l’État qui ne passe pas
Face à cette situation, le GEM avait pourtant saisi les autorités dès le mois de mars 2026 afin qu’il soit prononcé une ordonnance de non-lieu dans un délai de trois mois. Malgré plusieurs relances infatigables menées à tous les niveaux des autorités publiques malgaches, cette demande est restée aujourd’hui sans réponse.
Constatant cette rupture d’égalité de traitement devant les charges publiques, ce déni de justice prolongé et les conséquences graves sur le plan personnel et professionnel pour tous les administrateurs concernés, le groupement a décidé de réagir avec la plus grande fermeté.
Une suspension totale et immédiate des relations
Par conséquent, le GEM annonce avec effet immédiat la suspension de la participation de ses représentants au sein du Conseil d’Administration de la CNaPS ainsi que de celui de toute autre instance, comité ou organe de gouvernance d’une institution de l’État. Cette mesure forte englobe tout le cadre du Dialogue Public-Privé avec les pouvoirs publics.
Le patronat précise que cette position de retrait sera fermement maintenue jusqu’à ce que les conditions d’un État de droit effectif et d’une égalité de traitement soient pleinement restaurées pour ses membres.
Des dysfonctionnements plus profonds
Au-delà de l’affaire CNaPS-SMGD, le document officiel visible sur l’image.png révèle que le Dialogue Public-Privé connaissait déjà de profonds dysfonctionnements sur de nombreux sujets économiques cruciaux, tels que le Salaire Minimum d’Embauche (SME) ou la TVA. Le GEM estime que les déclarations d’intentions doivent désormais faire place à un climat de confiance réciproque qui ne fonctionne pas à l’heure actuelle.
Le groupement se dit totalement en phase avec la très récente intervention du Premier Ministre dans le cadre du programme « Tous Redevables » pour une justice forte et respectueuse de l’autonomie du pouvoir judiciaire. Toutefois, il exige que cette volonté se concrétise pleinement dans la pratique et qu’elle favorise un climat apaisé, exempt de toute démarche de stigmatisation ou de règlement de comptes.
Le Secteur Privé reste uni
Malgré ce coup d’arrêt brutal dans les négociations, la Confédération patronale réaffirme sa solidarité et sa force de frappe. Plus que jamais, le Secteur Privé, sous l’égide du GEM, reste uni à travers ses membres constitués par les 22 Groupements et Syndicats Professionnels ainsi que les 07 Groupements Régionaux dont les logos s’affichent au bas du communiqué. L’organisation se dit prête à contribuer au développement inclusif du pays, et ce dans l’intérêt exclusif du Peuple Malagasy.



Laisser un commentaire