Face aux doutes légitimes des citoyens après les événements de fin 2025, la société civile malgache organise une grande concertation nationale. Ce rendez-vous se veut être un espace de refondation profonde, porté par les acteurs des 24 régions et préservé de toute manipulation politique, afin de faire émerger une voix citoyenne forte et écoutée.

Antananarivo, 2 juin 2026.
De nombreux citoyens se posent aujourd’hui une question cruciale : « Quelle est la garantie que cette concertation sera véritablement impartiale ? » C’est une interrogation légitime, particulièrement après les contestations et les mouvements successifs qui ont marqué la fin de l’année 2025. Face à la crise profonde que traverse le pays, un consensus se dégage : Madagascar ne peut plus être le terrain de jeu d’intérêts particuliers. Le moment est venu d’engager une refondation totale et sincère.
Une concertation purement citoyenne, loin des calculs politiques
Pour rompre définitivement avec les erreurs du passé, cette initiative est pensée par et pour la société civile. L’objectif est de la maintenir totalement à l’écart des stratégies partisanes et des ambitions politiques. Ce renouveau se veut authentique, tant dans la démarche que dans l’état d’esprit.
Le défi est à la fois simple et ambitieux : faire résonner avec force la voix de chaque acteur de terrain. Ce sont ces mêmes citoyens engagés qui, au quotidien et depuis des années, font fonctionner les communautés au sein des 24 régions de la Grande Île.
Le moment d’unir les forces pour être enfin écouté
Pendant de nombreuses années, les organisations de la société civile ont joué un rôle de sentinelle, multipliant les alertes, prodiguant des conseils et investissant le terrain pour l’éducation citoyenne. Aujourd’hui, l’heure est venue de rassembler toutes ces expériences accumulées. Cette union vise à transformer la société civile en une force de proposition crédible, respectée et incontournable dans le processus de redressement national.
La société civile face à ses propres responsabilités
Cependant, dans ce processus de refondation, la société civile doit également faire preuve d’autocritique. Il lui est impossible d’attribuer l’intégralité des maux du pays à la seule classe politique. En effet, elle a pris part, d’une manière ou d’une autre, à la gestion des affaires publiques, notamment à travers les campagnes de sensibilisation et d’éducation civique menées avant, pendant et après les différents scrutins.
De plus, la société civile a toujours siégé au sein de la Commission Électorale Nationale Indépendante (CENI). Pourtant, la gestion des élections par cette même institution a régulièrement été dénoncée et contestée. Ces faits démontrent que la société civile partage une part de responsabilité dans la situation actuelle et ne peut pas simplement rejeter tous les torts sur les seuls acteurs politiques.



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